40 % du business n’existera plus dans 10 ans

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Le PDG de CISCO, John Chambers dans une interview dans Les Echos du 2 novembre 2015 estime que 40 % du business d’aujourd’hui n’existera plus d’ici 10 ans alors même qu’il évalue à 19 000 milliards de dollars les retombées économiques liées à la digitalisation du monde, en particulier avec les objets connectés.

Voir le lien.

Il y indique en particulier :

« Le haut débit va changer notre éducation, notre santé, notre travail, nos loisirs…

« Uber ne cherche pas à remplacer les taxis. Uber c’est surtout une révolution dans la manière d’utiliser les actifs. En étant conservateur je dirais que 40 % du business d’aujourd’hui n’existera plus dans 10 ans »

« Tous nos concurrents d’il y a 15 ans ont disparu parce qu’ils n’ont pas su se réinventer »

« Dans ce nouveau monde , il n’y a pas de position acquise ».

« La nouvelle révolution du net va détruire beaucoup d’emplois, mais va en créer beaucoup également. L’avenir appartiendra à ceux qui sauront former pour accompagner cette transition. Et former aujourd’hui n’a plus rien à voir avec comment on formait hier. ce que j’ai appris au cours de mes 9,5 années d’études n’a plus d’intérêt aujourd’hui »

« Chez Cisco, on a changé de culture, d’organisation, on est devenu moins hiérarchique, plus collaboratif. On a commencé par vendre des boites, aujourd’hui on vend des solutions. On a supprimé les silos pour apprendre à travailler sur des solutions. On a introduit un esprit start-up. Il faut combiner innovation et rapidité »

« Toutes les entreprises doivent devenir des entreprises technologiques avec de nouveaux « business models ». Les changements doivent être faits dorénavant quasi instantanément. Nos concurrents de demain ne seront pas nos concurrents d’hier (par exemple le concurrent principal de Walmart, le carrefour américain est Amazon). La concurrence s’est déplacée dans le domaine numérique.

L’organisation doit être bâtie pour favoriser la collaboration, pas le commandement et le contrôle comme hier »

Nos commentaires

La division du travail matérialisée par un mode de production taylorien et fordiste qui a permis au cours des deux derniers siècles un enrichissement sans précédent des populations des pays industriels, arrive aujourd’hui à une impasse. Les salariés ne supportent plus le lien de subordination que cette division du travail a juridiquement élaboré contre une protection qui devient aujourd’hui illusoire. Ils sont de plus en plus éduqués et veulent participer à leur travail en devenant autonomes et responsables.

De plus le fordisme était fait pour fabriquer des grandes séries à bas-coûts et aujourd’hui le gaspillage des ressources qu’il induit tout comme la pollution signe son obsolescence.

« L’ubérisation » de la société à l’oeuvre avec de nouveaux modes de consommation (partage des actifs) et de production grâce aux nouvelles technologies et au développement de la puissance de calcul du numérique est en train de faire éclater le droit du travail traditionnel. Les concurrences deviennent tous azimuths. Les entreprises doivent changer de « business models » pour survivre demain et créer de nouvelles solutions sur-mesure.

Le travail indépendant se développe et ne va cesser de se développer, permettant de diminuer les processus d’intermédiations coûteux. La frontière entre le dedans et le dehors des entreprises va devenir de plus en plus floue. Il faudra inventer de nouveaux modes de protection sociale pour les indépendants et les outsiders.

Le droit du travail doit être fondamentalement repensé, pour déboucher vers un droit de l’activité et accompagner cette ubérisation. A défaut, le chômage ne cessera de croître et la paupérisation de nos sociétés d’augmenter, sans compter un désastre écologique.

Ces évolutions vont maintenant aller très vite et nous pensons que John Chambers a parfaitement raison et que ces évolutions sont maintenant à un terme beaucoup plus court que nous ne l’avons jamais imaginé.

De même la démocratie représentative est-elle à bout de souffle et le principe de souveraineté un leurre qui va rapidement voler en éclat. Il s’agit de construire une démocratie participative.

Aristote disait il y a déjà plus de 2000 ans que l’expertise de la masse des incompétents était supérieure à celle des experts. Il est urgent de coconstruire avec tous les acteurs les nouvelles régulations à chaque niveau où les décisions doivent être prises…

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