Le fait religieux : un sujet pour l’entreprise libérée ?

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Le fait religieux : quelle place dans l’entreprise aujourd’hui ?

Le droit de manifester sa religion est une liberté fondamentale qui fait partie des droits du salarié qui ne peut toutefois, au motif de ses convictions religieuses, se soustraire aux  règles d’hygiène et de sécurité, refuser de travailler ou d’être encadré par une personne de sexe opposé, ou encore faire acte de prosélytisme (position principalement française).

D’après une étude de l’association de sondages WIN/Gallup International publié en 2015, 63 % de la population mondiale se sent toujours « religieuse » et seulement 11 % se déclare athée convaincu. Toutefois, en termes d’évolution, l’athéisme progresse partout dans le monde.

Cette même association, toujours à partir de sondages, indiquait qu’en France en 2012, 29 % se déclaraient des athées convaincus, 34 % se déclaraient non religieux, 37 % religieux et 3 % ne savaient pas, le tout faisant de la France, l’un des pays les moins religieux au monde (avec la Chine, le Japon et la République Tchèque).

Ces chiffres sont corroborés par l’Eurobaromètre de la Commission Européenne qui chiffrait en 2010 à 70 %, chiffre proche d’autres sources, le nombre de français qui ne se réclament pas d’une religion spécifique.

Selon une enquête réalisée pour le journal « La Croix », toujours en France, 16 % des catholiques se disent croyants et pratiquants, contre 41 % chez les musulmans.

A titre d’illustration, sur un peu plus de 800 000 naissances en 2012, il y a eu 290 000 baptêmes, selon les statistiques de la Conférence des évêques de France.

Bien que la loi interdise en France de recenser les populations par religion l’enquête conduite par l’INSEE et l’INED sur la diversité des populations à partir d’un échantillon de 18 à 50 ans ainsi que d’autres sources permettent d’extrapoler le nombre de personnes se disant musulmanes entre 4 et 5 millions en 2008 contre environ 40 millions se disant chrétiennes.

En croisant l’enquête conduite par l’INSEE et l’INED et celle réalisée pour le journal La Croix, parmi la population musulmane, entre 2 et 3 millions seraient pratiquants.

Il y aurait environ 15 000 radicaux musulmans, et selon Bernard Cazeneuve, cité par le Monde environ 2 000 seraient djihadistes.

Selon l’IFOP, les catholiques allant à la messe une fois par mois seraient environ 3 millions.

Le contexte politique national et international accentue les interrogations sur la gestion des pratiques religieuses dans le monde de l’entreprise.  De plus en plus de salariés  formulent des demandes en lien avec leurs pratiques religieuses comme le port d’un signe ou l’aménagement du temps de travail jusqu’à une remise en cause de l’organisation du travail, demandes d’absence pour fêtes religieuses, demandes liées à l’alimentation etc…

Pour les salariés musulmans, la pratique de la religion entre parfois en contradiction avec le fonctionnement même de l’entreprise à laquelle ils sont liés par des obligations contractuelles.

Ces demandes génératrices de coûts et d’organisations spécifiques nuisent au bon fonctionnement et à la compétitivité de l’entreprise ce dont elle n’a pas vraiment besoin aujourd’hui.

Pourquoi la montée des revendications religieuses dans l’entreprise ?

La particularité du modèle d’organisation scientifique du travail est d’avoir séparé individu et travail pour normaliser la production de masse. On écarte l’humain en amplifiant le contrôle de l’activité au travers d’un processus strict de fabrication. L’humain n’existe pas : il fait et reproduit le geste attendu.

De surcroît l’entreprise privilégie aujourd’hui l’aspect financier dont la prédominance sur les autres valeurs de la vie collective renforce la souffrance des salariés avec la disparition de la motivation, de l’épanouissement et de l’engagement au travail.

L’humain qui souffre ressent alors  le besoin de se rattacher à une communauté et se tourne vers la religion (ciment identitaire) qui, le déchargeant des tourments de la culpabilité, le pousse à faire valoir ces droits au détriment de ses devoirs et de l’entreprise, recyclant ainsi la provocation dans le système.

Dans ce monde rempli de gens qui savent, experts en tout genre et religieux de tout bord, qui font passer le devoir au second plan et prétendent imposer dans les esprits et la pratique leur vision de la vérité il faut rouvrir le champ à la liberté et délester l’individu des tourments de la culpabilité sans le recours au religieux.

L’apport potentiel et pratique de l’entreprise libérée

La particularité de l’entreprise libérée est de supporter le partage des valeurs de l’entreprise (l’union de tous dans une destinée collective est essentiel), l’individu est au centre du système et s’autodétermine dans sa façon de procéder en dehors de processus de contrôle normalisé.

Le modèle de l’entreprise libérée peut répondre au vide de communauté que le modèle organisationnel de division du travail a généré.

Il réintroduit la notion de communauté, communauté qui relie les individus pour leur permettre d’être dans des relations d’interdépendances fructueuses parce que non-contrôlées et informelles et place le devoir à égalité avec le droit.

On pourrait ainsi se réaccoutumer à ses devoirs d’homme tout en renouant avec une pensée libre et critique dans un cadre qui facilite le dialogue et la sociabilité et redonne au salarié un champ de reconnaissance dans l’entreprise.

Le fait religieux devient donc de ce fait beaucoup moins prégnant, l’individu étant à nouveau reconnu, soutenu et légitimé par ses pairs.

L’entreprise libérée permettrait ainsi aux salariés de connaitre et comprendre en connaissance de cause droits et devoirs, compatibles et nécessaires au bien-vivre, au travailler ensemble et au renouveau du sens du travail en toute responsabilité.

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