Vers un nécessaire changement de paradigme dans notre façon de produire

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Notre mode de production conduit à une montée inexorable du chômage, une baisse de l’activité et un délitement du lien social.

Nous ne pouvons faire l’économie d’une modification du mode de travail qui entraînera à son tour un changement dans les modes de comportement des consommateurs ainsi que de profondes modifications dans l’utilisation des matières premières et la gestion de l’environnement.

Seule une refondation organisationnelle passant par une détaylorisation et le développement de la confiance envers chaque salarié et plus généralement à l’endroit de chaque créateur de biens et services (cerveaufacture) permettra de relancer une activité durable pour l’ensemble des citoyens et donc de retricoter du lien social : un véritable changement de paradigme.

Transformer l’emploi subordonné en travail créatif

Passer d’une société où le modèle est l’emploi salarié (dans le cadre d’un lien de subordination mettant chaque salarié en position de mineur social, le tout contre un salaire) à une société où le travail créatif (faisant toute confiance à la créativité de chaque individu) tient un rôle central, n’a rien d’évident.

Combattre l’ennui et le désenchantement provoqué par l’emploi salarié, demande une prise de conscience et une volonté de tous. Développer la capacité de chacun à littéralement « jouir » de son travail (et non plus réserver cet exercice à une petite élite de « sachants » et d’hyper diplômés) est essentiel pour réussir ce changement. A noter que les sachants ont de précieuses connaissances dans tous les domaines (et ces talents doivent être mis à contribution), mais n’ont aucune compétence s’agissant de décider ce qui est le mieux pour les autres (notion qui reste éminemment subjective) que ce soit dans la manière de produire, de consommer, de décider, etc…

Introduire une dimension participative significative dans la démocratie représentative

Effectuer ce changement de paradigme, conduira également inévitablement à une « libération des citoyens », seule façon de combattre leur ennui, leur ras-le-bol et leur désintérêt pour la « vie de la cité ». Cette libération nécessitera que l’on passe de la démocratie représentative à une démocratie participative. A cet égard des initiatives particulièrement intéressantes sont conduites dans le monde entier.  Ainsi, à Séoul une expérience de démocratie participative est-elle conduire avec succès et commence à faire tâche d’huile dans des villes du monde entier.

La démocratie participative est très difficile à mettre en œuvre, parce qu’elle ne peut l’être que par le bas (selon un processus ascendant ou bottom up), mais ne peut se développer que si elle est également favorisée par le haut (selon un processus descendant ou top down), à condition de ne pas tuer la contribution qui vient du bas. Là n’est pas le moindre des paradoxes et de la difficulté de l’exercice (voir à cet égard le processus conduit selon une méthodologie non complètement satisfaisante et donc probablement en voie d’avortement d’une première e-constitution co-élaborée avec le peuple en Islande, ou encore d’autres expériences dans certains états canadiens).

A cet égard, on mentionnera combien est taylorienne l’idée même de rendre le vote obligatoire s’agissant de l’élection des représentants du peuple, en ce qu’elle cherche à prolonger leur légitimité. En effet, la démocratie représentative (un minimum, nécessaire à l’exception de tous les autres systèmes selon Winston Churchill) confisque au profit d’une élite l’exercice du pouvoir et de l’intérêt (l’enchantement, la jouissance,…) qui en est tiré. Il faut au contraire développer une maîtrise par les citoyens des règles qu’ils s’appliquent (notion de subsidiarité) et qui ne peut être obtenue que par le développement d’un volet participatif à chaque niveau nécessaire de prise de décision (au sein d’un service, au sein d’une entreprise, d’un service public, d’une collectivité territoriale, d’un Etat, mais aussi au niveau international, pour régler par exemple le problème de l’émission des gazs à effet de serre qui ne peut l’être efficacement selon le principe de souveraineté au niveau des seuls Etats).

L’urgence absolue est de trouver les voies et moyens de redonner aux citoyens leur capacité d’exercer avec efficacité et intérêt leur citoyenneté notamment entre les élections, bref de les remobiliser en les réenchantant s’agissant de la vie publique…

En finir avec le système hiérarchique issu de l’Ancien Régime

C’est donc non seulement dans les entreprises que tout le système hiérarchique doit être revu, mais également dans tous les aspects de la vie citoyenne, parce que les représentants élus (les corps intermédiaires) ne peuvent de facto remplir leur fonction (par manque d’outils et de moyens efficients de consultation et de participation effective des citoyens à la décision), confisquant dans les faits l’exercice du pouvoir au profit de quelques uns.

A cet égard, la parité homme/femme est-elle en mesure de jouer un contre-feu ? On peut en douter, tant que les femmes qui arrivent au pouvoir resteront prises dans les mêmes modes de fonctionnement (résultat de l’éducation actuelle dominante, de la culture et des modes de comportement, du moins s’agissant de la gestion des entreprises et de la cité…).

Pourtant partout des chantiers sont à ouvrir et de nouveaux modes de fonctionnement sont à inventer, à l’initiative de chacun, en s’appuyant, le cas échéant, sur la puissance du numérique utilisant l’intelligence de chacun en réseau, le tout sans attendre des décisions ou de nouvelles régulations venues d’en haut…

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